
Kathleen Eileen Moray Smith dite Eileen Gray (1878-1976) nous laisse un héritage précieux. Cette irlandaise avant-gardiste
marqua l’histoire de son talent.
Née d’un père peintre et d’une mère aristocrate, Eileen Gray
avait plus d’une corde à son arc : peintre, artisane, laqueuse,
tisserande, designer de mobilier, décoratrice, architecte… Indépendante et
discrète, Eileen Gray réalisa sa première exposition en 1913 à Paris. Son style
est alors un mélange d'art déco et d'art japonais qui combine la laque et les
bois singuliers. Le paravent Le Destin
pour une commande du couturier Jacques Doucet fait partie de ses chefs
d’œuvres. Pendant la guerre, Eileen Gray rencontre Jean Badovici avec qui elle
va faire équipe. Elle possède les moyens financiers pour construire et cet
architecte roumain, rédacteur en chef de la revue « L'Architecture vivante »,
va lui donner les contacts et l’opportunité d’accéder à la discipline
d’architecte quasi inaccessible aux femmes à l’époque. Les deux associés
ouvrirent leur galerie en 1922. Eileen Gray remis en question son style et ses
dogmes en se tournant vers l’Art Moderne. Elle s’intéressa beaucoup à
l’architecture sociale dans les années 1930 et travailla sur une maison nommée
E-1027 dont le nom témoigne de la « poésie de l’énigme » chère à
Eileen Gray. Sa villa manifeste endosse le E pour Eileen, le 10 pour le J de
Jean, le 2 pour le B de Badovici et le 7 pour le G de Gray. « La maison en
bord de mer » est construite sur les rochers de Roquebrune-Cap-Martin dans
les Alpes Maritimes. Eileen Gray met au point pour l'endroit une série de
meubles avant-gardistes en tubes d'acier chromé ou en feuilles d'aluminium,
intégrés ou non, caractérisés par la mobilité et l’ergonomie, comme le fauteuil
Transat, le miroir Satellite, sa coiffeuse-paravent... Cet
Art total répond aux besoins de l’homme moderne : tables ajustables,
tiroirs pivotants, assises escamotables, armoires-paravent, prise électrique
nomade, etc. En 1932, elle quitte Roquebrune afin de se construire une maison,
pour elle seule, à Castellar, près de Menton. Elle migrera ensuite du vieux
port de Saint-Tropez à Lourmarin, avant de revenir à Paris.
Longtemps oubliée de tous, le nom d'Eileen Gray refait alors
surface à la surprise générale lorsque son paravent Le Destin atteint la somme record de 36 000 dollars lors de la
vente des biens de Jacques Doucet à Drouot en 1972. Son style est redécouvert
et des rétrospectives sont organisées en son honneur. Purement fonctionnel, le
mobilier à système inventif et pratique qu’elle destine à cette maison E-1027
est passé à la postérité. En 2009, lors de la vente Saint Laurent - Pierre
Bergé, son fauteuil aux dragons, chef-d’œuvre des années 1920, estimé à 3
millions d'euros, s'envole à 21,9 millions. Les créations d’Eileen Gray dont
les pièces uniques sont très rares passionnent les collectionneurs du monde
entier lors des ventes aux enchères comme le confirme celle du 16 Décembre 2017
à Nantes. Quelques meubles personnels de la villa de Castellar d’Eileen
Gray mis en vente atteignent des sommes astronomiques, confirmant la cote de
ses créations emblématiques des années 1930 : le meuble à plateau adjugé à
105 000 €+ frais soit environ 130 000 €, la console demi-lune à
48 000 €, l’égouttoir à 6 200 €, les appliques cylindriques allant
jusqu’à 16 000 €.
Certains des meubles exceptionnels d’Eileen Gray sont
proposés en réédition à des prix beaucoup plus accessibles, notamment chez
Classicon qui détient une grande partie des droits de réédition de son
mobilier. Cette entreprise réédite des chefs d’œuvre qui sont des
investissements pour les générations futures car « La vraie qualité résiste à
l'épreuve du temps ». Classicon produit et vend la collection de meubles et de
lampes réalisée en partenariat avec Eileen Gray depuis 1973. Chaque pièce est
une réplique authentique et de grande qualité de l’originale, signée et
numérotée que nos magasins Quartz peuvent vous procurer.
Le guéridon Ajustable
Table E 1027 de 1927 en fait partie ainsi que le paravent Brick Screen (1922-1925), le fauteuil Bibendum de 1926, le Day
Bed de 1925 ou encore le lampadaire
Roattino de 1931, entre autres.
Travaillant dans l’isolement, on sait finalement peu de
chose de cette architecte, artiste et designer irlandaise hors normes. Elle aura
toute sa vie entretenu le mystère, au point de brûler une grande quantité de
ses documents personnels avant de mourir, pour ne laisser comme témoignage de
sa quête de liberté que son travail : « Il ne faut demander aux
artistes que d'être de leur temps, sans artifice d'aucune sorte », prônait
l'Irlandaise. « L'œuvre belle est plus vraie que l'artiste. »
Une femme libre affranchie des modes et des
conventions qui marquera son époque et l’histoire...
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